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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

de manœuvres, les stands, les champs de tir exigus desgarnisons étaient loin de suffire à la bonne exécution desexercices techniques de linfanterie : lintroduction de laballe D exigeait pour les feux de guerre des champs detir de 4 000 mètres de profondeur au moins. Lartillerie,de son côté, réclamait chaque année, à juste titre, un plusgrand nombre de journées décole à feu; laugmentationrécente de cette armée justifiait pleinement cette demande.Tous les généraux de cavalerie insistaient pour que lesrégiments et les brigades fissent chaque année un séjourdans les camps consacrés surtout aux évolutions. Il im-portait enfin que lunité élémentaire de troupes de toutesarmes, la division dinfanterie, eût des camps assez spa-cieux pour y exécuter ses évolutions combinées.

A toutes ces raisons vint sen ajouter une autre : la loide 1908 prescrivait lenvoi au printemps dans les campsdes unités de réserve du deuxième appel ; jusquà présent,faute de camps, nous navions pu donner satisfaction àcette légitime exigence que dans la proportion du quartdes régiments convoqués.

Aussi, dès novembre 1911, fis-je mettre à létude unprogramme reposant sur les bases suivantes :

Tout dabord, un camp dinstruction devait se prêteraux évolutions dune division complète, et par suite avoirune superficie de 5 500 à 6 000 hectares.

Ensuite, dans le but de réduire au minimum leffortfinancier à demander au pays, les camps devaient êtrerépartis dans des conditions permettant dutiliser un seulcamp pour linstruction de deux corps darmée.

Les études aboutirent aux prévisions suivantes :

Deux camps de corps darmée : Châlons (agrandi) etMailly ;

Dix camps de division : La Courtine (existant), Coët-quidan (en transformation), Sissonne et le Valdahon(agrandis), et 6 camps à créer ;

Les camps de Larzac et de Souge, défectueux, à utiliserdans leurs dimensions actuelles.

Ce programme devait exiger une dépense de 135 millions