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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
de manœuvres, les stands, les champs de tir exigus desgarnisons étaient loin de suffire à la bonne exécution desexercices techniques de l’infanterie : l’introduction de laballe D exigeait pour les feux de guerre des champs detir de 4 000 mètres de profondeur au moins. L’artillerie,de son côté, réclamait chaque année, à juste titre, un plusgrand nombre de journées d’école à feu; l’augmentationrécente de cette armée justifiait pleinement cette demande.Tous les généraux de cavalerie insistaient pour que lesrégiments et les brigades fissent chaque année un séjourdans les camps consacrés surtout aux évolutions. Il im-portait enfin que l’unité élémentaire de troupes de toutesarmes, la division d’infanterie, eût des camps assez spa-cieux pour y exécuter ses évolutions combinées.
A toutes ces raisons vint s’en ajouter une autre : la loide 1908 prescrivait l’envoi au printemps dans les campsdes unités de réserve du deuxième appel ; jusqu’à présent,faute de camps, nous n’avions pu donner satisfaction àcette légitime exigence que dans la proportion du quartdes régiments convoqués.
Aussi, dès novembre 1911, fis-je mettre à l’étude unprogramme reposant sur les bases suivantes :
Tout d’abord, un camp d’instruction devait se prêteraux évolutions d’une division complète, et par suite avoirune superficie de 5 500 à 6 000 hectares.
Ensuite, dans le but de réduire au minimum l’effortfinancier à demander au pays, les camps devaient êtrerépartis dans des conditions permettant d’utiliser un seulcamp pour l’instruction de deux corps d’armée.
Les études aboutirent aux prévisions suivantes :
Deux camps de corps d’armée : Châlons (agrandi) etMailly ;
Dix camps de division : La Courtine (existant), Coët-quidan (en transformation), Sissonne et le Valdahon(agrandis), et 6 camps à créer ;
Les camps de Larzac et de Souge, défectueux, à utiliserdans leurs dimensions actuelles.
Ce programme devait exiger une dépense de 135 millions