LA CONCURRENCE INTERNATIONALE
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résistèrent à la ligue. Mais, par la suppression des droitssur les grains, fut franchi un échelon du développe-ment industriel, qui fit passer ces classes politico-révolu-tionnaires à l’état de représentants du passé. Des indus-triels en chambre et des artisans en décadence en avaientété la base, en même temps que ce prolétariat de fabri-que sans avenir, créé tout d’abord par la grande indus-trie. En ouvrant la voie au développement de la grandeindustrie, la victoire de Cobden hâtait non seulement leprogrès économique, mais aussi le progrès social. Cetouvrier de la grande industrie, tel qu’il venait d’être pro-duit, devenait un trop grand personnage pour se livrerà une agitation politico-révolutionnaire, qui n’avait étérien autre chose que l’indice d’une extrême faiblesse.Par suite du développement technique et à cause del’augmentation du rendement du travail, l’ouvrier s’élevadans la société existante au niveau de la classe moyenne.
La victoire de la ligue était l’expression de ce fait quela société bourgeoise, alors la première dans l’Etat aupoint de vue économique, conquérait aussi cette place aupoint de vue politique. L’état de transition antérieur estcaractérisé par ce fait que le représentant et le défen-seur de la grande propriété territoriale, sir Robert Peel ,était lui-même un rejeton d’une des plus anciennes fa-milles de fabricants du Lancashire . D’uu autre côté, ilfaut cependant reconnaître que la manière dont fut gâtéela victoire, remportée par la suppression des droits aulieu de leur utilisation dans un but compensateur, repo-sait exclusivement sur la constellation politico-commer-ciale d’alors. On espérait que les autres nations de l’Eu-rope suivraient d’elles-mêmes l’exemple en abolissant les
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