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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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n’entrer au ministère qu’après l’aplanissement de cettedifficulté, et avec la perspective de s’assurer la bonnevolonté de la chambre. D’aucune façon l’attitude desprogressistes n’aurait pu l’autoriser à cet espoir. Youloirleur faire partager l’idée d’une propagande à main armée,c’était se tromper singulièrement sur le fond de leurpensée. On ne pourrait même pas dire qu’ils reculaientd’horreur devant cette idée: non, ils n’en étaient pasencore là, parce qu’ils ne soupçonnaient personne del’avoir conçue, tellement elle leur paraissait monstrueuse,impossible. Ils en étaient toujours à la tradition desconquêtes morales adoptée par le régent; ils avaient laferme conviction que la Prusse , s’identifiant avec la causelibérale, serait irrésistible, et que l’Autriche aussi bienque les petits princes capituleraient sans brûler une car-touche. Ils ne désespéraient pas de voir le chef desHohenzollern embrasser sciemment et ouvertement la causedu peuple allemand. En tout ceci, M. de Bismarck étaitd’un avis absolument contraire; et il n’est pas inadmis-sible que malgré toute sa perspicacité, il se soit laisséaller à l’illusion de faire entrer sa conviction dans l’espritdu parti opposé. Car il n’est pas exempt de cette loicommune qui permet aux contradictions les plus frap-pantes de se trouver réunies dans le même individu. 11a étonné le monde autant par sa franchise que par sonastuce; on l’a vu tantôt préparer de loin les événementsavec un raffinement de circonspection, tantôt les affronteravec une parfaite légèreté. D’ailleurs, il est dans la na-ture des caractères entreprenants de fixer leur but àgrande distance, et de s’en rapporter pour tous les inci-dents du chemin à la puissance de leur génie d’impro-visation. Pour M. de Bismarck, les difficultés qu’il pou-vait rencontrer dans le parlement, dans la constitution,dans l’opinion publique, n’étaient qu’un incident, un simple