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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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séduire un député ou un journaliste par des confidences,par des explications, il les recherchait avec empressement,causant, avec un sans-façon parfois indiscret, de tous lesgrands rouages de l’Etat. En 1849, il envoya un cartelau rédacteur du Kladderadatsch (le Charivari de Berlin),et plus tard, pendant son ambassade à la diète, le publicle soupçonnait très-fort de collaborer quelquefois encachette à cette même feuille, surtout quand elle donnaitquelque bonne charge d’un diplomate autrichien. Où ilse laisait aller à toute la verve de son humeur, tantôtprovoquante, tantôt enjouée, c’était devant les comitésdes chambres. Le babillage auquel il pouvait s’aban-donner à huis clos allait beaucoup mieux à son talentque l’éloquence publique. „Dans ces moments," dit untémoin de ces discussions, „tout passait devant nos yeuxdans une confusion de kaléidoscope et avec un mouve-ment si rapide qu’il était impossible de suivre. Il yavait un contraste frappant entre le sérieux des membresde la commission plongés dans les chiffres et autres don-nées positives et le babillage du ministre brodé de termesétrangers."

Pour compléter ce portrait, nous ne pouvons nousempêcher d’ajouter, au témoignage des faits et à celuides observateurs, le document dans lequel le ministre aentrepris un jour de se caractériser lui-même devant lepublic et devant la France tout particulièrement. On voitpar là que ce n’est pas une confession faite pour être ac-ceptée sans réserve. Mais sans oublier qu’elle a été dictéepour les besoins de la cause, on ne peut après tout, enjugeant le procès de M. de Bismarck, lui refuser la parolepour qu’il s’explique lui-même. Il est entendu qu’il neprêtera pas serment et que nous serons libres de nel’écouter qu’à titre de renseignement.

Un journaliste français, M. Vilbort, qui avait suivi