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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL J OFFRE

à un voyage de larrière. Je voulais étudier, cette fois-,le transport en chemin de fer dune armée tout entièredans un but stratégique. Jadmis que deux armées étaientobligées de battre en retraite en face dun ennemi supé-rieur, vers le sud-ouest de part et dautre de la place deLangres . Une troisième armée, formée à lintérieur, étaitmise à la disposition du commandant en chef. Celui-cila transportait en chemin de fer dans la vallée de la Saônepour la concentrer sur le flanc gauche de lennemi.

De toutes ces études je retirai de fructueux enseigne-ments : je conclus, en particulier, que notre règlementsur les transports en cours dopérations était trop timide,et quil y avait lieu de le refondre, en posant, malgré larésistance de ce que jappellerai le vieux 4 e Bureau, leprincipe que ces transports, au lieu dêtre exceptionnels,deviendraient la règle dans la prochaine guerre. En outreje fis étudier un grand nombre de variantes au plan XVI,dans toutes sortes dhypothèses ; ces travaux avaient poureffet dassouplir les états-majors et les organes techniquesqui se trouvaient ainsi mieux préparés à leur rôle deguerre. En passant je signale que cest lune de ces va-riantes étudiée lorsque jétais directeur de larrière quidevint la variante du plan XVI, réalisée en septembre 1911.

Mais la situation extérieure sétait subitement aggravée.Les mois davril, de mai et de juin 1911 avaient été rem-plis par la marche de nos troupes sur Meknès et Fez. LesAllemands avaient, pour ainsi dire, exigé leur retraite.Les opérations de police que nous poursuivions au Maroc avaient nécessité lenvoi de forces importantes prélevéessoit en Algérie-Tunisie, soit sur les troupes coloniales,soit même sur les garnisons de France. Il en était résultéun trouble profond dans lorganisation de notre mobili-sation justement dans une période ou la fatalité semblaitpoursuivre les ministres de la Guerre : en effet, depuisla mort du général Brun survenue le 11 février, en sixmois, trois ministres sétaient succédé rue Saint-Domi-nique. Le dernier, M. Messimy, arrivait au pouvoir dans.une heure tragique. Le lendemain même de son instal-