M. MESSIMY AU MINISTÈRE DE LA GUERRE
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lation au ministère, le 1 er juillet, la Panther s’ancrait àAgadir ; l’ambassadeur d’Allemagne, M. de Schœn, s’en-tretenait avec le nouveau ministre des Affaires étrangères,M. de Selves, sur un ton tel qu’à l’issue de cette entrevuese tenait une conférence chez M. Caillaux , président duConseil où était agitée la question de l’envoi de troupesà Agadir. A Londres, discours belliqueux de Lloyd George ;baisse formidable à la Bourse se transformant en panique.Depuis longtemps l’éventualité d’une guerre n’avait parusi prochaine. Au ministère de la Guerre, il y eut branle-basde combat ; on prépara toutes les mesures de mobilisa-tion. Il convient enfin d’ajouter, pour compléter le tableau,que la situation intérieure de la France était alors loind’être satisfaisante.
Le nouveau ministre trouvait devant lui une rude etdifficile besogne. Ancien officier d’état-major, il était en-touré de plusieurs de ses anciens camarades ; ceux-ciétaient pour la plupart des officiers de valeur en qui ilavait toute confiance ; bien orientés sur les besoins del’armée, ils eurent une large part dans l’œuvre réaliséepar le ministre. Parmi eux, il faut citer particulièrementle capitaine Duval, les commandants Brissaud-Desmaillet,Mesple, Guillemin, le contrôleur Boone, qui eurent auprèsde M. Messimy une heureuse influence.
A peine le ministre était-il entré en fonctions qu’unegrave crise se produisit dans le haut commandement.
Le généralissime désigné était à cette époque le généralMichel. Peu de jours avant la mort du général Brun,il avait remis à ce dernier un mémoire qui avait fait sen-sation. Étudiant la situation militaire française en facede l’Allemagne, il proclamait la quasi équivalence desformations actives et de réserve. Le général Michel pré-voyait une utilisation nouvelle des régiments de réserve.Il proposait de former sous le commandement du colonelcommandant le régiment actif d’infanterie une demi-bri-gade constituée en accolant à chaque régiment actif lerégiment de réserve correspondant. La division de guerreet le corps d’armée mobilisés auraient ainsi des effectifs