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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL J O F F R E

dinfanterie doubles de ceux du temps de paix ; le projetprévoyait pour chaque corps darmée laffectation dungroupe de 155 Rimailho à deux batteries.

Pour bien comprendre lémoi quune telle propositionétait alors capable de susciter, il est nécessaire de se re-porter à la mentalité politique de cette époque ; car, sisingulier que cela puisse paraître, cette question des ré-serves était devenue une question politique.

Dune part, les partis de droite soutenaient que laseule véritable force sur laquelle pouvait se reposer lapatrie pour sa défense était larmée active ; ils se décla-raient hostiles au principe de la Nation armée dans lequelils voyaient lamorce dune armée milicienne ; ils ne con-sentaient à envisager lemploi des réservistes que commeappoint, nécessaire dailleurs à larmée du temps de paixpour porter celle-ci à ses effectifs de guerre ; convaincusque la guerre serait de courte durée, ils ne consentaientà faire état que de cette armée active dont ils faisaientle pilier de tout lédifice national. Dès lors aucun sacri-fice ne leur paraissait trop grand qui serait destiné àrenforcer celle-ci. Quant aux formations de réserve, enraison de leur médiocre encadrement, de la nécessiténous étions de faire état de tous les réservistes et parsuite dhommes relativement âgés, ils leur déniaient toutesolidité et toute aptitude à participer à des opérations deguerre proprement dites ; ils nen envisageaient lemploi,après quelles auraient été soumises à un entraînementpréalable, que pour des besognes secondaires.

Les partis de gauche, au contraire, ne concevaient quela Nation en armes, nadmettaient point de service àlong terme, mais seulement quelques mois dinstruction,destinés à former le soldat citoyen rappelé sous lesarmes au moment de la guerre. Et on se souvient desdiscussions soulevées par Jaurès lorsquil publia son livrecélèbre : VArmée nouvelle.

A la lumière de lhistoire de la longue guerre que nousavons supportée, il est clair que les uns comme les autresexagéraient et que la vérité était, comme souvent, entre