CHAPITRE IVArtillerie légère et artillerie lourde.
Jusqu’en 1905, la supériorité de notre artillerie de cam-pagne fut incontestable. Le 75 avait une rapidité de tirinégalée, et le tir percutant de l’obus explosif avec amor-çage légèrement retardé nous permettait d’espérer atteindreles troupes abritées. D’autre part, pour l’attaque des ou-vrages de fortification semi-permanente du champ de ba-taille, le capitaine Rimailho avait, en 1904, très ingé-nieusement modernisé le 155 court de Bange, le rendantplus mobile que les matériels des équipages légers desiège. 140 de ces pièces venaient d’être mises en commandeà Saint-Chamond . Malheureusement les données qui avaientprésidé à l’étendue de ce matériel ne permettaient pasl’emploi courant de portées supérieures à 5 000 mètres.Je ne citerai que pour mémoire les 120 et 155 court dugénéral Baquet déjà démodés.
De leur côté, les Allemands n’avaient, à cette époque,que le 77 ancien modèle à tir direct, sans frein, exigeantune remise en batterie après chaque coup. Depuis 1901, ilsavaient introduit dans leur artillerie de campagne un obusicrde 10 cm. 5 destiné à atteindre par tir fusant nos batteriesdéfilées en arrière des crêtes, aussi bien que le personnelplacé dans des tranchées ou abrité derrière des boucliers.Mais, en raison des nombreuses défectuosités de ce ma-tériel, nous étions en droit d’admettre que notre supério-rité d’artillerie n’était pas compromise.
A partir de 1905, les Allemands commencèrent de re-gagner une partie de leur retard. Ils transformèrent leur 77,
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