l’artillerie
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en le rendant apte au tir rapide. En même temps,désireux d’imprimer à la guerre une allure brutalementoffensive, ils introduisirent dans leur armement de cam-pagne un obusier lourd de 15 centimètres destiné à entre-prendre sans délai l’attaque de nos ouvrages de fortifi-cation. En 1909, par des modifications ingénieuses apportéesà l’obusier de 105, ils en firent une pièce excellente, à tirrapide. Vers la même époque, une série d’expériences leurfit entrevoir la possibilité d’utiliser plus largement leurspièces lourdes, en les faisant participer dès le début dela bataille à la lutte d’artillerie. Dès lors, leurs progrèsdans cette voie furent extraordinairement rapides : enoctobre 1910, au camp de Juterborg, avec des fusées àretard analogues à celles que nous utilisions nous-mêmesdepuis quelques années, ils firent la preuve qu’ils pouvaientobtenir dans la lutte d’artillerie un résultat rapide avecune dépense minime de munitions, même contre une artil-lerie à boucliers masquée derrière des crêtes.
Ces résultats eurent des conséquences très importantesen Allemagne . On y envisagea comme nécessaire de com-mencer la bataille par une lutte systématique contre l’ar-tillerie adverse, en faisant entrer en ligne de très bonneheure l’artillerie lourde. On adopta nos méthodes de tirpour le 77 modèle 96 N /A ; les batteries de 15 centimètresfurent transformées en batteries montées; le nombre desbatteries d’obasiers de 10 cm. 5 fut doublé ; l’augmenta-tion du nombre des obusiers fut réalisée aux dépens d’unnombre égal de canons de 77 qui fut supprimé.
En France une période de demi-somnolence avait suc-cédé à l’activité intense qui avait porté l’artillerie à l’étatoù elle se trouvait en 1905. La disparition du Comitétechnique, décrétée le 22 août 1910, celle surtout du pré-sident du Comité qui était en même temps inspecteurgénéral de l’arme, avaient eu comme conséquence unediminution très sensible de l’aptitude manœuvrière de latroupe et de la valeur technique des officiers.
Des idées fausses étaient venues augmenter le troubleet la confusion des esprits. Un certain nombre d’artilleurs