CHAPITRE VIILa loi de trois ans.
La loi du 21 mars 1905 sur le recrutement de l’arméeavait, sans doute, réalisé l’égalité des charges militairesentre tous les citoyens susceptibles de porter les armes ;mais elle semblait avoir diminué sensiblement la soliditédes armes montées, et tout particulièrement celle de lacavalerie.
Cette dernière se plaignait de l’indigence des effectifs,de l’insuffisance de l’instruction donnée à des soldats dedeux ans avec les méthodes alors en usage, de la situationcritique des régiments après le départ de la classe, del’impossibilité de mener à bien le dressage des chevauxet, par-dessus tout, de la pénurie sinon de l’absence descavaliers entraînés et bien en selle.
A ces complications étaient venues s’ajouter des diffi-cultés de mobilisation pendant la période d’hiver, au coursde laquelle une seule classe de cavaliers était mobilisable.
La situation avait paru critique dès la mise en applica-tion de la loi de deux ans. On avait escompté un rende-ment abondant d’engagements volontaires et de rengage-ments, qui, dans l’esprit du législateur de 1905, devaientconstituer l’important noyau des soldats anciens, indis-pensable dans les troupes à cheval ; mais cette attenteavait été déçue.
Dans leurs rapports d’inspection, les généraux atti-raient avec insistance l’attention du ministre sur cette si-tuation. Celui-ci s’était ému. M. Messimy, dès 1911, avait
85