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MÉMOIRES DU MARÉCHAL J O FF RE
demandé à la Section d’études qu’il avait organisée à soncabinet, de rechercher les améliorations qu’il serait pos-sible d’apporter à la loi de 1905. De son côté, l’état-majorde l’armée n’était pas resté inactif, et il avait entrepristoute une série d’études sur la question ; il avait essayé même,en disjoignant quelques articles d’un projet modificatifà la loi de recrutement, de faire voter sans différer par leParlement certaines dispositions qui auraient eu pour butde renforcer nos effectifs de paix et d’augmenter le nombrede nos engagés, rengagés et commissionnés destinés à lacavalerie et aux batteries à cheval. Il cherchait, d’autrepart, à multiplier le nombre des engagés de trois ans, enaugmentant les avantages attribués à ceux-ci.
Entre temps, le Parlement s’émut des rumeurs qui cir-culaient sur l’état de notre cavalerie et, à l’occasion de ladiscussion de la loi des cadres de cette arme, certains ora-teurs posèrent nettement au ministre des questions rela-tives à ses effectifs.
M. Millerand, préoccupé d’une situation dont la graviténe lui échappait pas, prescrivit alors à l’état-major del’armée de rechercher une solution qui permettrait dedonner à la cavalerie les soldats anciens qui lui faisaientdéfaut, sans s’inquiéter du côté politique de la questiondont il se réservait l’examen. On était alors en janvier 1913.Le retour au service de trois ans était ainsi posé ; mais ceproblème n’intéressait plus seulement la cavalerie.
Toute l’armée se trouvait, en effet, éprouvée et affaibliepar les conséquences du service à court terme et par lapénurie de soldats de carrière ; partout, les effectifs étaientinsuffisants ; la libération de la classe ne laissait dans lesrangs qu’un seul contingent d’appelés instruits, de sorteque, pendant la période d’hiver, notre couverture se trou-vait dans une situation précaire.
D’autre part, le chiffre réduit du contingent ne per-mettait plus d’aligner nos unités aux fixations arrêtéespar les lois des cadres, lesquelles étaient déjà très sensi-blement inférieures aux chiffres allemands correspondants.
L’instruction de la troupe se ressentait naturellement