CHAPITRE IV
25 août. — Le 25 au matin, il était manifeste que la ma-nœuvre stratégique préparée depuis le 18 aboutissait pournous à un complet échec.
Les nouvelles de la nuit ne pouvaient plus laisser d’es-poir. Le mouvement en avant des armées allemandes deBelgique continuait. L’armée anglaise, attaquée dans lajournée du 24 par des forces importantes, s’était repliée surla ligne Valenciennes-Maubeuge, et il y avait toutes chancespour que l’adversaire entamât contre elle une manœuvreefficace d’enveloppement. Déjà, en avant de l’aile droite al-lemande, on indiquait Somain comme occupé par l’ennemi,et les corps de réserve allemande signalés jusqu’ici commese dirigeant contre Anvers semblaient maintenant suivreles traces de l’aile marchande, augmentant ainsi ses pos-sibilités de manœuvre (1).
Dans la croyance où j’étais encore que les Allemands n’engageaient dans leurs opérations offensives que descorps actifs, j’étais amené à rechercher les causes de notreéchec, non seulement comme je l’ai dit au chapitre pré-cédent, dans des défaillances d’ordre tactique, mais encoredans la supériorité numérique que les Allemands étaientparvenus à donner à leur aile droite. Cette supérioriténumérique, que nos calculs antérieurs étaient loin de nous
(1) Compte-rendu n° 59 du 2° bureau du G. Q. G. (25 août 1914,6 heures.)
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