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1 (1932)
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309
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PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 309

faire supposer, me semblait devoir être attribuée à léchecde loffensive principale enrayée dès le début : la 4 e armée,puissamment dotée avec 6 corps darmée, avait été immé-diatement immobilisée, et déclarait quelle tiendrait entreMeuse et Chiers, mais quil ne lui serait pas possible, enraison de ses pertes, de produire avant longtemps un nouveleffort offensif. A mon avis, léchec de la 4 e armée dans leLuxembourg belge avait eu pour conséquence de per-mettre à lennemi de disposer dune partie des forces quiopéraient dans cette région, pour leur faire passer la Meuseen aval de Givet et les engager contre la droite de notre5° armée.

Je dois dire quà ce moment mon inquiétude la plusgrande venait de lattitude de nos troupes. Nous avionsdébuté par une série déchecs. Or, le soldat français estfacilement impressionnable ; il peut perdre confiance aussipromptement quil sexalte. Soumis à cette rude épreuveaggravée par lécrasante température de cette fin daoût,saurait-il résister comme il était nécessaire? Des indicesde lassitude et dépuisement me parvenaient, qui ne lais-saient pas de me préoccuper : les routes étaient fréquem-ment jonchées de sacs jetés ou abandonnés au revers desfossés, et il semblait que les cadres, dont lautorité étaitloin dêtre encore assise, ne réagissaient pas toujours avecassez de vigueur.

Après avoir indiqué ces préoccupations dordre moral,jen reviens à mes préoccupations stratégiques. Il fallait,sans perdre une heure, préparer une manœuvre qui pûtarrêter le mouvement ennemi menaçant notre gauche, etpointant en direction de la vallée de lOise vers Paris.

Tout dabord, pouvais-je espérer que notre gaucherésisterait sur place, me laissant le temps de préparerune nouvelle manœuvre? Non, la capacité de résistancede nos troupes et de larmée anglaise était trop fortemententamée pour que je puisse me faire dillusions à cet égard.Si pénible que fût cette obligation, il fallait admettre lanécessité dabandonner du terrain pour donner aux troupesalliées le temps de se ressaisir.