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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

A la suite dun nouvel entretien quil eut avec Pau , leministre me fit connaître que le gouvernement était décidéà me confier le commandement des armées en cas de mobi-lisation. En même temps il mavisa de la réorganisationdu haut commandement quil projetait : le titre de vice-président du Conseil supérieur de la guerre était suppriméet remplacé par celui de chef détat-major général, qui meserait donné pour mieux marquer mon autorité vis-à-visde létat-major de larmée. Dailleurs si le titre de vice-président du Conseil était supprimé, les fonctions vis-à-visde ce Conseil resteraient les mêmes : en labsence du mi-nistre, il se réunirait sous ma présidence. A la tête de létat-major de larmée, le général Dubail demeurait en prenantle titre de chef détat-major de larmée. Il continueraitdaller chaque jour à la signature du ministre ; mais pourtoutes les questions, il relèverait de moi et ne conserveraitdautonomie quen ce qui concernait les nominations depersonnel. Le chef détat-major de larmée serait assistéde sous-chefs. En cas de mobilisation, le chef détat-majorde larmée demeurerait auprès du ministre avec toutesles attributions que celui-ci croirait alors devoir lui déléguer.

Quant au chef détat-major général, il recevrait le com-mandement du principal groupe darmées, ayant auprèsde lui comme major général le premier sous-chef détat-major ; en raison des fonctions éventuelles que ce dernieraurait à remplir auprès de moi, jétais invité à le choisir.

Cette solution me paraissait de nature à supprimer ladualité fréquente de pensée qui avait si longtemps existéentre le vice-président du Conseil supérieur de la guerre gé-néralissime désigné et létat-major de larmée chargé dela préparation de la mobilisation, de la concentration etdu plan dopérations.

Jacquiesçai donc, et je songeai aussitôt à fixer mon choixen ce qui concernait le premier sous-chef détat-major, quiserait mon major général du temps de guerre.

A la réflexion, trois noms retinrent mon attention : Foch,Lanrezac et Castelnau. Tous trois me paraissaient trèsaptes à ces délicates fonctions en raison de leur haute