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1 (1932)
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SUCCESSION DU GÉNÉRAL MICHEL

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cette campagne. Lopinion fut à ce point émue que bientôtla situation du général Michel devint impossible.

Le 21 juillet, la crise franco -allemande marquait une re-crudescence particulièrement grave. Sans hésiter le gou-vernement prit la décision de retirer au général sa lettrede commandement éventuel. Il fallait lui choisir sans re-tard un successeur. Dautre part, M. Messimy comptait pro-fiter de la crise ainsi ouverte pour faire aboutir la réformedu haut commandement à laquelle il sétait attaché ; ilestimait, en effet, quune dualité regrettable existait entrele Conseil supérieur de la guerre et son vice-président, etladministration de la guerre placée sous les ordres du chefdétat-major de larmée. Le vice-président du Conseil étaiten effet sans action sur cet important organe chargé de lapréparation de la guerre.

M. Messimy songea tout dabord au général Pau poursuccéder au général Michel comme généralissime éventuel.Nul ne paraissait plus digne de ces hautes fonctions. Maisdans une entrevue quil eut avec le ministre à ce sujet, ilmit à son acceptation une condition absolue que ce dernierne voulut pas accepter : le contrôle des nominations degénéraux.

Cest alors que M. Messimy me fit appeler. « Accepteriez-vous le commandement suprême en temps de guerre? »me demanda-t-il. Jobjectai que ma carrière colonialemavait pendant longtemps écarté des questions relatives àla guerre européenne, que jétais depuis peu de temps, ensomme, mêlé à celles de la conduite des opérations, et quedautres que moi au Conseil me paraissaient mieux pré-parés à tenir un tel rôle. Et je citai le général Pau .« Mais sil nétait pas possible au gouvernement de nommerle général Pau , me répondit le ministre, accepteriez-vous ?

« Si le gouvernement croit devoir passer outre à mesobjections, je minclinerai devant sa décision. »

Après cet entretien, je rencontrai le général Pau auministère ; je lui racontai la conversation que je venaisdavoir, il insista très amicalement auprès de moi pour quejaccepte les lourdes responsabilités qui métaient offertes.