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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Je pris la parole dès quon aborda la discussion de ladeuxième question. Jexposai que, dans de nombreux exer-cices, javais pu constater que pour battre des zones échap-pant au 75, on était souvent obligé davoir recours au 155et demployer ainsi des projectiles de 40 kilos, alors quedes obus de 15 kilos auraient suffi. Il me paraissait doncindispensable dadopter un obusier léger permettant à lafois de battre les angles morts que le 75 ne pouvait atteindreet daccompagner dans certains cas les attaques dinfan-terie. Le général Michel séleva aussitôt contre mon avis,en montrant les inconvénients de la multiplicité des ca-libres. On vota, et, une première fois, le Conseil lui donnatort en déclarant quil y avait lieu dadopter un obusierléger.

Alors vint en discussion la proposition du général Michel.Le ministre indiqua que cétait sur la demande expressedu général quelle était soumise au Conseil.

Ce fut une véritable levée de boucliers. A tour de rôle,les membres du Conseil présentèrent leurs objections :manque dhomogénéité et de cohésion en face des unitésallemandes que nous savions si bien encadrées, bouleverse-ment complet de notre organisation, lourdeur des corpsdarmée avec leurs seize régiments dinfanterie, retard decinq jours dans notre concentration qui nous obligeraità reculer nos débarquements jusque sur la Marne, trop faibleproportion de lartillerie pour les effectifs dinfanterie, créa-tion avec les demi-brigades dun nouvel échelon de com-mandement, ce qui entraînerait laugmentation du nombredes états-majors, etc...

Le général Michel témoigna quelque mauvaise humeurau cours de la discussion. Lorsquon mit aux voix la ques-tion : « Y a-t-il lieu dadopter le principe des demi-bri-gades? » il fut répondu « non » à lunanimité.

Aussitôt commença dans la presse une campagne ilétait fait allusion à la fâcheuse posture dans laquelle sétaittrouvé le vice-président du Conseil ; fait sans précédent,les journaux publiaient un compte rendu de la séance.Jai toujours pensé que le ministre ne fut pas étranger à