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56 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

téléphonique et télégraphique, sur la création des cuisinesroulantes, sur une augmentation de 100 pièces de 105long en sus des 120 pièces déjà prévues, sur la construc-tion de 200 pièces d’artillerie lourde mobile à grandepuissance, sur la création d’un matériel à grande puis-sance pour l’armement des côtes, sur la modernisationde l’armement des places. Tels étaient les points princi-paux qu’il me semblait indispensable de comprendre dansla révision du programme des 420 millions.

A la suite de mes interventions, le ministre décidaqu’une conférence serait tenue le 23 avril entre les direc-teurs intéressés pour examiner les mesures à prendre.Cette fois, la réunion des directeurs eut lieu à l’état-majorde l’armée, sous la présidence du général de Castelnau,premier sous-chef d’état-major, mon délégué.

Il sortit de cette conférence un projet s’élevant à504 500 000 francs venant s’ajouter au programme defévrier 1913 dit des 420 millions, portant ainsi à 924 mil-lions les besoins du département de la Guerre . Dès lelendemain, le ministre de la Guerre saisissait son collèguedes Finances de cette nouvelle demande. Celui-ci répondait,après examen en Conseil des ministres, le 13 mai suivant,qu’il ne pouvait adhérer sans réserve à la proposition deprésenter au Parlement un accroissement de charges deprès d’un milliard. Il indiquait qu’on ne pourrait envisagerqu’un simple relèvement du programme des 420 millions,si « la nécessité en était reconnue », et il suggérait de porterle chiffre du 27 février à 450 millions. En d’autres termes,à un supplément de demande de 504 millions, le ministredes Finances n’en offrait que 30.

M. Étienne, ministre de la Guerre, chercha alors à tournerla difficulté : il invita les directeurs intéressés à faire con-naître au directeur du Contrôle celles des dépenses com-prises dans le programme supplémentaire qui paraissaientindispensables à engager immédiatement. Le total de cesdépenses urgentes fut alors réduit à 235 720 000 francs.Il faut d’ailleurs reconnaître que ^administration desFinances se trouvait alors en face de terribles besoins ;