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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

changement de ministère, qui amena un nouveau retard.La question fut cependant reprise par le nouveau mi-nistre de la Guerre, M. Noulens, qui obtint fin décembrede son collègue des Finances lacceptation dun programmedaccélération de 1 408 741 571 francs. Ce programme figuradans le projet de loi déposé le 16 janvier 1914; il compre-nait : 754 500 000 francs à engager hors budget et416 450 571 francs à comprendre dans les annuités bud-gétaires au titre de la 3 e section.

Les élections du 26 avril 1914 retardèrent la discussionde ce projet, qui ne fut voté par le Sénat quà la veillede la guerre dans les fameuses séances M. CharlesHumbert, rapporteur de la Commission de larmée, fità la tribune des révélations sur notre situation militairequi émurent profondément lopinion. Il est probable queces révélations eurent leur écho outre-Rbin et contri-buèrent à bâter la décision allemande de nous déclarerla guerre. A la suite de ces révélations, M. Clemenceaumontait à la tribune et sécriait : « Depuis 1870, je naipas assisté à une séance du Parlement aussi émouvanteni aussi douloureuse. »

Cette fois, le pays séveilla tout entier. Il sapercevaitbrusquement du degré dimpréparation dans lequel lavaitplongé une longue période dutopies pacifistes. Mais, silpouvait mesurer leffort à faire, il était, hélas, trop tardpour laccomplir.

Telle fut la longue et douloureuse histoire des budgetsdavant-guerre. Jai montré dans le cours de ce récitquune des causes essentielles de désordre dans létablis-sement de nos budgets militaires provenait de lindépen-dance des différentes directions. M. Messimy lavait sentilorsque, dès décembre 1911, il me fit assister aux réunionsdes directeurs destinées à létablissement de nos besoins.M. Étienne le comprit également lorsquen octobre 1913il me chargea de présider les conférences qui aboutirentà la fusion des deux programmes de 420 millions et de504 500 000 francs.

Une autre cause de notre impuissance à aboutir résidait