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1 (1932)
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LA LOI DE TROIS ANS

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mands donnait à nos adversaires la possibilité de bous-culer sans peine notre couverture.

Il semblait donc nécessaire que nos unités de couverturefussent portées à un effectif assez voisin du pied de guerre,pour que, dès le premier soir de la mobilisation, par simplerappel des réservistes domiciliés sur place, elles fussent enétat de tenir campagne avec des effectifs de guerre.

De plus, le nombre des grandes unités de couvertureétait à augmenter par la participation à ce rôle du 2 e corpset dune division du 8 e . Nous arriverions ainsi à onze divi-sions en couverture, avec lesquelles nous pouvions espérertenir tête à une attaque brusquée. Appuyées aux placesfortes, ces onze divisions devaient suffire à garantir notremobilisation et notre concentration.

Si, maintenant, on envisageait les corps darmée delintérieur, on y trouvait par suite des prélèvements faitssur linfanterie pour les nouvelles créations (aéronautique,artillerie, troupes techniques) des effectifs si faibles quelinstruction quon y donnait était sans fruit : il fal-lait 150 hommes par compagnie pour former un noyausolide autour duquel les réservistes viendraient sagglo-mérer dans la proportion de 2 pour 3 ; il fallait également150 hommes par compagnie pour permettre linstruction.

Ainsi donc le service de trois ans proposé naugmenteraitpas le nombre des unités mobilisées, mais permettrait toutdabord de renforcer la couverture, ensuite de faciliterla mobilisation, enfin daméliorer considérablement la qua-lité des troupes.

Après cet exposé, M. Briand affirma que le gouvernementétait décidé à tout faire pour mettre larmée en mesurede faire face à son rôle. Il demanda quen raison des diffi-cultés quil prévoyait pour faire accepter aux Chambresle retour à la loi de trois ans, les arguments les plus frap-pants lui fussent fournis. *

La question suivante fut alors posée au Conseil : « Enprésence de leffort allemand, devons-nous renforcer nosforces militaires, et en particulier notre couverture? »

A lunanimité, le Conseil répondit oui à cette question.