94
MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
On discuta ensuite des différents systèmes étudiés : lesystème des rengagements, celui de vingt-sept mois pro-posé par le général Pédoya, celui de trente mois.
Le problème se posait essentiellement de la manièresuivante :
En admettant les renforcements d’effectifs que j’avaisindiqués, l’effectif minimum à réaliser se montait à674 300 hommes. Pour tenir compte des déchets qui seproduisent à l’incorporation et que l’expérience permettaitde fixer à 8 pour 100 pour les armes combattantes, ilfallait incorporer 727 000 hommes.
Or, les ressources avec le service de trois ans intégral sedécomposaient ainsi :
210 000 hommes pour la dernière classe appelée.
200 000 hommes pour la classe qui avait fait déjàun an de service et perdu 5 pour 100 deson effectif.
194 000 hommes pour la classe qui avait fait deuxans de service et perdu, pendant cettedeuxième année, 3 pour 100 de son effec-tif.
90 000 hommes de contingent permanent métro-politain (engagés et rengagés).
20 000 hommes de contingent permanent colonial.
9 000 hommes des trois contingents donnés par lesvieilles colonies.
15 000 hommes provenant de ressources donnéespar le troisième examen médical à la suitede deux ajournements, et du passaged’hommes du service auxiliaire dans leservice armé.
Total : 738 000 hommes.
Ce chiffre total n’avait qu’une valeur relative ; il étaitsujet à des variations en plus ou en moins qui se chiffraientvraisemblablement par une quinzaine de mille hommes.
On voit donc que nos besoins correspondaient à peuprès aux ressources assurées par la présence simultanéede trois classes sous les drapeaux.