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1 (1932)
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LA LOI DE TROIS ANS

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Aussi le Conseil déclara-t-il à lunanimité que le servicede trois ans était le seul susceptible de permettre les ren-forcements nécessaires ; il émit le voeu quaucune atté-nuation au principe de légalité du service ny fût apportée.

Cest dans ce sens que le projet de loi fut élaboré pourêtre déposé devant les Chambres. Toutefois, sur les ins-tances formelles de M. Chéron prenant texte du légerexcédent des ressources escomptées sur les besoins, leministre décida à la dernière heure dintroduire une atté-nuation en faveur des fils de familles nombreuses. Il étaità redouter que cette concession, pour légitime quelle fût,ne constituât une fissure qui irait sélargissant peu à peu.

Entre temps, MM. Reinach et de Montebello avaientintroduit un contre-projet qui avait pour dispositionsessentielles de fixer un effectif minimum à chaque unitéet de faire un large appel aux engagés volontaires. Lesauteurs de ce projet admettaient que la durée du servicefût portée à trois ans pour la totalité du contingent, sousla réserve que lorsque les effectifs minima seraient atteints,les soldats appelés appartenant à certaines catégories (filsde familles de plus de quatre enfants, hommes mariéspères de famille) pourraient être envoyés en congé.

Le ministre de la Guerre, daccord avec les auteurs ducontre-projet et le rapporteur désigné par la Commissionde larmée, consentit à se rallier à une solution transac-tionnelle qui empruntait quelques-unes de leurs disposi-tions essentielles au projet primitif et à celui que MM. Rei-nach et de Montebello avaient déposé.

Ce fut cette rédaction qui servit de base à la discussionau Parlement, et qui fut déposée le 6 mars par le gou-vernement sur le bureau de la Chambre. Tel quil se pré-sentait, le projet devait nous assurer une armée active de700 000 hommes et officiers contre 870 000 hommes enAllemagne ; comme il était logique de supposer que lecinquième des forces allemandes, soit 175 000 hommesenviron, serait immobilisé par la Russie , il ne devait enrester que 695 000 contre nous. Ainsi léquilibre se trou-vait rétabli, compte tenu de ce que nous serions obligés