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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRÉ

éventuellement de maintenir sur la frontière des Alpes .

On objectera sans doute, que, dans ces calculs, il nestpoint fait mention des réserves. La raison en est que leurimportance est fonction du nombre des unités actives, carelle dépend des effectifs de cadres actifs disponibles, quisont destinés à les commander ; une relation proportion-nelle existe entre les effectifs de paix et ceux de guerre :ceux-ci dépendent de ceux-.

Dès que la décision eut été prise par le gouvernementde demander le service de trois ans, cest-à-dire dès lafin de février, une campagne énergique fut entamée dansla presse pour orienter lopinion vers cette solution. Enoutre, les divers membres du gouvernement, et tout par-ticulièrement M. Etienne, se dépensèrent dans tout le payspour y démontrer la nécessité de ce lourd sacrifice.

Il faut dire ici quun nouvel argument, dont on nepouvait faire état publiquement, était venu renforcer laconviction du gouvernement français en lui montrantclairement le but vers lequel sacheminait lAllemagne .En effet, à la fin de mars, le ministre de la Guerre reçutde source sûre communication dun rapport officiel etsecret sur le renforcement de larmée allemande ; ce docu-ment émanait dune haute autorité militaire allemande et son authenticité ne pouvait être mise en doute. Commeil a été publié depuis lors dans le Livre jaune français, ilimporte den citer quelques passages pour en rappelerlesprit (1) :

Il faut, disait lauteur, habituer le peuple allemand à penserquune guerre offensive de notre part est une nécessité pourcombattre les provocations de ladversaire. Il faut mener lesaffaires de telle façon que, sous la pesante impression darme-ments puissants, de sacrifices considérables, et dune situationpolitique tendue, un déchaînement soit considéré comme unedélivrance. Il faut préparer la guerre au point de vue financier ;il ne faut cependant pas éveiller la méfiance de nos financiers.

(1) Rapport du colonel Ludendorff, du 19 mars 1913. Livre jaunen° 2, annexe 2.