LES OUVRIERS DU LANCASIJIRE
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de sympathies pour les ouvriers, la phtisie est plus rareparmi eux que dans n’importe quelle classe de la popula-tion. Le bourg- d’Oldham renferme deux catégories d’ou-vriers exercés, les ouvriers cotonniers et les ouvriers mé-caniciens. La statistique montre que ces deux catégoriessont beaucoup moins sujettes à la consomption que lesautres habitants (manœuvres, boutiquiers, etc.). La duréedes maladies est plus longue pour les mécaniciens quepour les cotonniers (l).
Les progrès réalisés par l’ouvrier anglais , sous le rap-port de la santé aussi bien que de la capacité profession-nelle, dépendent principalement de l’amélioration desconditions de la vie. L’amélioration énorme que l’An-gleterre a vu se réaliser, depuis cent ans, dans l’alimenta-tion populaire, est un élément très favorable à l’industrieanglaise dans la lutte qu’elle soutient contre l’industriecontinentale.
Si la nourriture des ouvriers anglais de la grande in-dustrie est aujourd’hui meilleure qu’elle ne l’était vers1830, cela tient à deux circonstances : l’élévation nomi-nale des salaires, et l’accroissement du pouvoir d’achatde la monnaie.
Nous avons vu plus haut comment le perfectionnementde l’habileté technique avait rendu possible un énormeaccroissement de production par ouvrier et, par consé-quent, un abaissement constant du travail à la pièce.
(1) Cf. Report of Health, Borough of Oldham, 1890. « Dus détails« donnés relativement à l’expérience des dernières années, je conclus« que les influences qui affectent matériellement la santé de la popu-« lation, en tant que maladies du poumon, doivent être recherchées« hors des usines. » Cf. aussi Atkinson « Popular Science Monthly. »