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LA GRANDE INDUSTRIE
Nous avons en même temps prouvé par des chiffres quele revenu hebdomadaire de l’ouvrier s’était accru dansla même proportion que s’abaissait le tarif du travail àla pièce, parce que le développement progressif de l’ou-tillage réclamait des ouvriers plus capables.
Le revenu hebdomadaire de l’ouvrier est actuellement,en Angleterre , plus élevé qu’il ne l’était vers 1830, plusélevé qu’il ne l’est encore sur le continent. Comme cehaut revenu dépend du tarif moindre à la pièce, c’est,une cause de force pour l’industrie anglaise.
Considérant l’accroissement général du salaire hebdo-madaire des ouvriers pendant le dernier demi-siècle,Giffen , le statisticien bien connu, s’exprime ainsi : « Dans« tous les cas où, par suite de la répétition du travail, il« a été possible de faire une comparaison, on a constaté« un accroissement extraordinaire des salaires, de 20 à« 30, 100 0/0 et même plus. Et encore ici l’extension« réelle du change est-elle peut-être estimée un peu« lias. »
Dans l’appendice du premier rapport de la CommissionRoyale sur la crise textile, le secrétaire de la Chambrede Commerce de Manchester fournit une statistique ana-logue. Suivant ses chiffres, le revenu des ouvriers, de1830 à 1883, s’est accru de
Fileurs et tisseurs île coton n oS moyens . . de 74 à 72 0/0
— tins . . . de 33 à IG
blanchiment et impression. 30 0/0
On arrive au même résultat si l’on compare le tauxhebdomadaire des salaires donnés par Baines avec celuiqui ressort des statistiques officielles.