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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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Même assombrie de regrets et de méfiances, cette

journée de triomphe nen fut pas moins pour M. de Bis-

marck le point de départ dnn revirement mémorable delopinion publique. A partir de ce moment, la vitalitéde son œuvre et la force de son esprit nont pas cessé

de grandir aux yeux de lAllemagne et de lEurope ; et

des milliers dhommes pour lesquels il fut jadis un objetdexécration, se résignent à voir en lui, à tort ou à raison,peu nous importe pour le moment, le créateur dunnouvel ordre de choses, bienfaisant, durable, susceptiblede faire arriver, peut-être à travers bien des épreuvesencore, la nation allemande à des destinées meilleures.La conscience publique cependant ne pouvait assister àce changement sans être profondément frappée de cetteévolution quelle exécutait en quelque sorte sur elle-mêmeet malgré elle.

Certes, les succès les plus discutables devant lamorale nont jamais manqué d'un nombreux cortège. Lemot de Cromwell restera toujours vrai. Traversant Lon-dres en grande pompe, et complimenté par un de sescompagnons sur laffluence de la foule, le Protecteurrépliqua:Si lon me menait pendre ce serait mieuxencore." Mais la différence entre lentraînement de larue et lassujettissement des consciences, pour être peuapparente, nen est pas moins profonde. Notre époque aassisté à des entreprises heureuses qui ont recueilli tousles fruits de la victoire, sans néanmoins pouvoir se vanterdavoir perverti autour delles les notions du bien et dumal. Or, cest précisément cette faiblesse, la plus graveet la plus funeste de toutes, quavec beaucoup delégèreté certains de nos hommes politiques reprochent àI Allemagne, et plus particulièrement à la partie éclairéede la population, telle que la représentent, par exemple,limmense majorité des libéraux en Prusse et le pays de