Druckschrift 
3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
Entstehung
Seite
358
Einzelbild herunterladen
 

358

dans toutes les péripéties de cette époque si agitée, unenon-valeur absolue au point de vue du caractère et delintelligence. Les panégyriques obligés ont essayé deleverau rang dune rigidité honnête sa sèche platitude, quià loccasion ne se fit pas faute de tourner à lodieux.Après 1815, il donna lexemple dun des plus grandsactes dingratitude qui jamais aient été commis de roià peuple, ce qui est beaucoup dire. Une victoire à laquelleil avait fallu le traîner, remportée au prix des plusincroyables sacrifices, du sang le plus précieux (la jeunessedes universités, des arts, du commeice sétait enrôlée ensimples soldats), ne devint entre ses mains quun moyendarriver au rétablissement dune servitude stérile, auxpersécutions contre ceux dont le dévouement avait sauvéson trône, à un assujettissement stupide sous la féruledu czar Nicolas, à la rétractation ouverte de la foi jurée;car il naccorda jamais un iota de la constitution représentative quil avait solennellement promise au momentdu danger. Lorsque parfois M. de Bismarck se plaintdes méfiances quil rencontre dans ses grandes entreprisesdaujourdhui, il devrait se rappeler quil fut un temps, comme à plaisir, il avait ouvert la carrière à cessuspicions en se faisant lapologiste de cette crianteinjustice dautrefois. En 1847, prenant la parole devantce qualors on appelait les États réunis de Prusse , il avaitdéclaré que les sacrifices de 1815 navaient pas donné aupeuple prussien le droit de réclamer une constitution-,que les monarques de Prusse ne régnaient pas de par lagrâce du peuple, mais par la grâce de Dieu , et que toutce quils voulaient bien accorder nétait quun acte delibéralité spontanée. Certes, lhomme qui a introduit lesuffrage universel, en demandant que lAllemagne futmise en selle ne tiendrait plus ce langage aujourdhui;mais la vie serait trop belle si lon pouvait liquider un