tures obtenues, Frédéric se mit en mesure de conclureavec les autres princes des conventions militaires, en vertudesquelles les troupes de ces Etats devaient être, souscertaines conditions!, cédées à la Prusse , c’est-à-direincorporées à son armée et payées par son trésor. MaisFrédéric touchait de trop près à la fin de sa vie pourintroduire des changements durables et radicaux dans lestraditions de l’Empire. L’année suivante, l’union desprinces fut enterrée avec lui.
Dire à quel point sa race n’hérita pas de son espritserait chose superflue. L’historiographie prussienne a faitde vains efforts pour ennoblir les traits de ses successeurs.Elle n’a pu escamoter cette vérité patente, que depuis samort on n’a vu que des cerveaux étroits. Dans les unscomme dans les autres nous retouvons invariablementYautolâtne s’abritant sous les préceptes du droit divin,le culte du bouton de guêtre; tantôt un mysticismevoluptueux, tantôt une orthodoxie revêche; des velléitésromanesques et des pusillanimetés invincibles; et, commerésultat final, une diplomatie tâtonnante, finassière, endernier lieu inepte. On ne parvenait ni à s’insurgercontre la suprématie autrichienne, ni à s’y résigner. Lajalousie et la méfiance survécurent à l’énergie des luttessoutenues par Frédéric. On guerroyait contre la Révolutionaux côtés de l’Autriche, tandis qu’en Pologne on étaiten hostilité ouverte contre elle; les généraux, faisantcomme les cabinets, à tout moment refusaient de suivrel’appel de l’allié, l’exaspéraient de chicanes, de récrimi-nations, de conditions d’argent. Ces tiraillements abou-tirent à la paix séparée de Bâle .
Celui de ces Epigones qui régna le plus longtempsfut précisément le plus insignifiant. Frédéric-Guillaume III ,le contemporain de la Révolution française , de l’Empire,de la Restauration et de la monarchie de Juillet, fut,