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pour qu’ils lui soumissent un projet de constitution, et,las enfin de les attendre, le 24 octobre, il leur apportelui-même un travail intitulé: Projet de ligue entre lesprinces de VAllemagne, calqué sur le modèle de celle deSckmalkalden. Cependant les choses ne pouvaients’arranger au gré de son impatience. Il fallait six moisde négociations pour se mettre d’accord par la voiediplomatique avec les princes allemands, même sanstenir compte des entraves forgées par l’etranger. Alorscomme aujourd’hui c’était un échange d’arrière-penséesentre la France et la Prusse .
„La cour de France," écrivait le baron de Golz,ambassadeur à Paris , en mars 1785, „la cour de Francene goûtera guère cette association, préférant retenir lesprinces de l’Allemagne méridionale sous sa dépendanceexclusive." Et Frédéric de lui répondre par retour ducourrier: „Que la France approuve ou non une allianceentre princes allemands, ceci au fond doit nous être égalLa chose est bonne en elle-même et c’est ce qu’il fautenvisager avant tout. Il me semble que nous ne devrionsêtre les serviteurs ni des Français, ni des Autrichiens, nides Russes."
Enfin le mois de juillet 1785 vit signer l’instrumentde l’association par la Saxe, le Hanovre et la Prusse ,avec la réserve de solliciter ultérieurement l’adhésion desautres princes. C’était un traité d’alliance en des termesassez généraux, renfermant plusieurs articles secrets.Ces clauses mystérieuses avaient trait principalementà la résistance contre tout projet d’échange de la Belgique avec la Bavière , et contre l’élection, à la prochaine vacancedu saint-empire, d’un prince d’Autriche . Quatorzesouverains entrèrent dans la confédération, et, choseexcessivement remarquable au point de vue l’analogie avecles événements récents, aussitôt les trois premières signa-