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8tamment jusque dans ses négociations avec la Conventionet le Directoire. L’esprit de suite qui se révélait danscette obstination poussait Frédéric à la recherche d’unecombinaison plus profonde, véritable création, susceptiblede développement. Pour la première fois, depuis que lapaix de Westphalie avait virtuellement anéanti l’existencepolitique de la nation allemande, la pensée de reconstruireun commencement d’union viable fit sa rentrée dans lemonde. Frédéric et ses ministres posèrent les bases d’unprojet, dont le but avoué était avant tout la résistancecontre les envahissements de l’Autriche. La Prusse alorseut recours au même argument, que depuis, dans despositions interverties, l’Autriche a rétorqué contre elle.Elle montra aux petits princes le danger que leur pré-parait l’appétit insatiable de l’Autriche , et les convia à seranger sous la protection du roi pour sauver leurs souve-rainetés.
Dans une lettre adressée à ses ministres, Frédérics’exprime ainsi: „I1 est pour nous de la dernière im-portance de travailler de toutes nos forces à ce qu’il soitétabli dans l’Empire une espèce d’association, telle quefut jadis la ligue de Schmalkalden 1 ). Le but de cetteassociation doit être de maintenir, à l’encontre de laprépondérance et de l’envahissement médités par l’Autriche ,les droits des princes." Il faut, ajoute le roi, „faire sentirà ces gens (les princes) qu’ils peuvent compter sur notresecours et que c’est leur propre intérêt qui rend cetteinstitution nécessaire; mais il ne faut pas rester les brascroisés. Jamais ces gens ne feront rien de leur propreinitiative. Mettez les fers au feu le plus vite possible. “Cette lettre est du 6 mars 1784. Tous les jours suivants,il ne cessa d’accabler ses ministres de nouveaux mémoires
Ligue des princes protestants contre Charles Y.
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