354
ment formulés dans son entourage le plus intime, dès lecommencement de la guerre de Sept ans. Alors déjà,le général Winterfeld, le confident du roi, recommandaithautement „de conquérir toute l’Allemagne et de luidonner force de résistance contre l’étranger en la ré-unissant dans un seul et même Etat." En mai 1757, ildéclarait à qui voulait l’entendre que „en moins de deuxans, on verrait toute la constitution de l’Empire ren-versée et Frédéric sur le trône des Césars allemands."Il faut ajouter qu’il conseilla en même temps de pénétreren Hongrie et d’y lancer un appel aux mécontents, pourretrouver à cent dix ans en arrière tout le programmede M. de Bismarck, y compris les négociations avecKossuth et Klapka. Dès lors, Frédéric était bien décidéà ne laisser à aucun prix s’étendre le territoire des Habs-bourg en Allemagne . Il soutenait victorieusement cettepolitique, en venant au secours du Palatin contre lesprétentions autrichiennes à la succession bavaroise, aprèsla mort sans enfants de l’électeur Maximilien-Joseph , en1777. La paix de Teschen lui donna gain de cause;mais l’Autriche se sentit d’autant plus pénétrée de lanécessité d’étendre son influence dans le midi de l’Alle-magne. La Bavière et le Wurtemberg devaient fournirà ses yeux, alors comme naguère encore, les pointsd’appui naturels de toute opération ayant pour but decomprimer les ambitions de la Prusse . N’ayant pu ob-tenir ces pays les armes à la main, on prit la voie desnégociations. On tâta le terrain en Wurtemberg, onélabora franchement la proposition d’un échange de pro-vinces avec le nouvel électeur de Bavière .
C’est de cette époque que date le fameux projet d’untroc à faire de la Belgique contre la Bavière , poursuivipar l’Autriche avec sa ténacité proverbiale à travers toutesles vicissitudes des événements, projet qui reparaît con-