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sion territoriale, indispensable pour asseoir la nouvelleroyauté sur des bases durables.
Dans les intrigues qui sourdirent autour du partagede la Pologne , et surtout pendant le deuxième acte dece triste drame, l’antagonisme entre les deux puissancesétait arrivé à un degré d’intensité qui ne pourrait êtrecomparé qu’aux violences de l’année dernière; sans quepour cela il fût le moins du monde question d’empiregermanique, de supériorité nationale. C’était tout crûment,tout bassement la lutte entre deux rapacités concurrentes.Cependant, ces querelles de mur mitoyen, soutenues avecl’acharnement d’une haine de voisin, alternaient avec deshostilités d’une portée plus élevée et d’un sens plus pro-fond. Dans la guerre dite de la succession autrichienne,la reconnaissance de la pragmatique sanction n’avait étéqu’un incident tout à fait secondaire, à côté de la reven-dication de la Silésie ; dans celle qui suivit et qu’onnomme la seconde guerre de Silésie , se trahit déjà vi-siblement la pensée d’arriver à la prépondérance dans lesaffaires d’Allemagne . Après un retour vers une guerrede signification simplement dynastique et européenne,celle de Sept ans, la dernière des campagnes de Frédéricarbora de nouveau, et déjà bien ouvertement, le drapeaude la lutte intestine et nationale. Mais, même dans lescomplications, étrangères en apparence à cette arrière-pensée, celle-ci s’imposait toujours naturellement à tousceux qui regardaient le fond des choses. Malgré lesefforts contraires de Frédéric, la mort de Charles VII deBavière et les combinaisons de la diplomatie avaient deuxfois ramené la couronne du saint-empire dans la maisond’Autriche, représentée par François I er et Joseph II. Leroi de Prusse s’était arrangé des concessions territorialesqui devaient lui donner la force nécessaire pour reprendreau moment opportun ses projets ajournés, mais nette-
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