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protestants se rapprochent de la papanté , les ultrà-prussiens du parti féodal ont toujours penché vers l’Au-triche. Fidèle à cette tradition, l’homme qui plus tarddevait reléguer l’Autriche hors de l’organisation allemande,inaugura sa carrière, non-seulement en plaidant la causede cette puissance, mais en poussant les choses jusqu’àprêcher l’humble soumission de la Prusse à l’autoritélégitime de la dynastie des Habsbourg. Pour comprendrela signification de ce contraste profond entre le culteenvers l’Autriche et la tendance naturelle de l’Etatprussien, il est indispensable de remonter en arrièred’un siècle à peu près. Retraçons donc rapidement lesincidents les plus marquants de cet antagonisme dy-nastique, qui tantôt tourna en guerre acharnée, tantôtcouva sous les apparences trompeuses d’une alliancecordiale, pour ne finir que de nos jours par la solutionviolente, qui trahit le véritable caractère de cette mor-telle inimitié. La lutte entre les deux cours est telle-ment le pivot des événements de l’année 1866, qu’on nesaurait jamais saisir la véritable portée, ni les vrais mo-biles de ceux-ci, sans être initié aux précédents de l’his-toire contemporaine 1 ).
Le principe d'hostilité entre l’Autriche et la Prusse date du règne de Frédéric le Grand, mais il n’est pastout à fait synonyme ni contemporain de la rivalité ausujet d’une hégémonie allemande. Des quatre guerresque Frédéric a soutenues contre l’Autriche et dont sonroyaume est sorti agrandi, consolidé et renfermant enlui le germe de tout son développement ultérieur, lapremière et la troisième n’avaient eu en vue que l’exten-
!) Voir surtout le livre fort intéressant de M. AdolpheSchmidt: Preussen's deutsche Politik, Leipzig, 1867, sur lequelnous nous sommes de préférence appuyé dans le récit desépisodes de 1786 à 1806.