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Mayer, un roturier qui présidait la cour des comptes,afin qu’au moins il ne fût pas forcé de passer derrièreles plus jeunes officiers.
Cette sollicitude extrême de la royauté pour lanoblesse ne pouvait manquer de faire de celle-ci lesoutien le plus dévoué du trône, bien qu’à l’occasionl’excès de l’infatuation légitimiste amenât de temps entemps des conflits entre les deux principes. Un sieur deSchlubhut, condamné pour détournement de denierspublics, ayant défié le roi Frédéric Guillaume I er , endisant que jamais un gibet n’avait été dressé pour ungentilhomme, fut pendu le jour même par ordre spécial,ce qui, depuis ce moment jusqu’à nos jours, n’empêchapas ses égaux de rappeler, en guise de sourde menacecontre quelques velléités progressistes des souverains,qu’à tout considérer, ils avaient été les maîtres du paysavant l’avénement des Burgraves de Nuremberg (fonda-teurs de la dynastie des Hohenzollern).
M. de Bismarck, quoique fils d’un chef d’escadron,ne suivit la carrière militaire que pendant l’année deservice rigoureusement obligatoire. Il se destinait à lacarrière administrative, à laquelle il se prépara parl’étude du droit. Mais il embrassa sans réserve la religionféodale de ses pères, et doué de la furia dont il a depuisdonné tant de preuves, il réussit vite à développer en luile type outrecuidant, intolérant, provoquant du junker.Un physique exubérant, un esprit tourmenté par l’ai-guillon de sa force occulte dans un milieu étroit, ache-vèrent de le jeter dans la nuance la plus extrême de sonparti; et débutant à l’âge de trente-deux ans dans la viepublique, M. de Bismarck ne perdit pas un instant pourattirer sur lui la haine de ses adversaires.
Si les extrêmes se touchent, c’est par ce fait qu’ilsBont tous à côté de la vérité. De même que les ultrà-