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roi fit envoyer une réponse des plus empressées et desplus chaleureuses:
„Le roi, dit M. de Haugwitz à Laforest, est aucomble de la joie; il se regarde non-seulement commel’allié de la France , mais comme l’ami personnel del’empereur Napoléon ." Toutefois il refusa de nouveau,pour le moment, de donner suite à ces propositions; nonpas qu’il dédaignât le fond de la proposition; mais sessentiments légitimistes et dynastiques lui interdisaient lapensée de baser cette innovation sur autre chose que surle consentement des autres princes ses frères, même del’Autriche , qui fut sondée indirectement. Ce furent, onle voit, les mêmes hésitations qui s’interposèrent, quarante-trois ans plus tard, entre son fils et l’assemblée nationalede Francfort , lorsqu’elle vint offrir à celui-ci la couronneallemande.
Cé-tait sur le terrain des négociations avec lespuissances secondaires de l’Allemagne que se préparaitla rupture entre la Prusse et la France , tout comme elles’est préparée en 1866, entre la Prusse et l’Autriche .Déjà, avant les ouvertures faites par M. de Talleyrand ,la Prusse avait invité les cours de Saxe et de la Hesse -Electorale à former avec elle une confédération des Etatsdu Nord, sous réserve d’y faire entrer ultérieurement tousles autres Etats non compris dans la confédération duRhin. Le 12 juillet, un premier projet se trouvait éla-boré sous ce titre: Idées pour servir à la fondation d’uneconfédération du nord de T Empire (Ideen zu einem Norddeutschen Reichsbund), et après deux remaniements, aumilieu du mois d’août, parut le projet définitif, composéde 24 articles et d’une clause additionnelle. Dans l’ar-ticle 2, le roi de Prusse, sur l’invitation des Électeurs deSaxe et de Hesse, accepte la dignité d 'Empereur del’Allemagne septentrionale ; les deux Electeurs, sur l’in-