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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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princes, et envoyer en prison les patriotes, qui avaient lui imposer la levée de boucliers. Le pauvre homme,transi de frayeur à la nouvelle de la couvention deTauroggen, ne parla de rien moins que de faire traduiredevant un conseil de guerre le général York qui lavaitconclue pour lui regagner son royaume; et il laurait faitsi les patriotes conjurés ne lavaient pas soustrait à lapression de la diplomatie française. On lui fit accroireque le ministre français sapprêtait à le faire enlever nui-tamment de Berlin ; on le persuada de se sauver à Bres-lau, son entourage parvint à lui mettre lépée aupoing. Ce nétait pas le courage militaire qui lui man-quait: bons soldats, ils le sont tous; ce qui leur faitdéfaut, cest ce courage qui, en bas, sappelle civique, eten haut pourrait sappeler politique

Enfin, le même spectacle se renouvelle pour la qua-trième fois en 1849. En mars 1848, après la victoire dupeuple, Erédéric-Guillaume IY saisit la bannière tricolore,la promène dans Berlin , et se laisse acclamer empereurdes Allemands. Un an plus tard, après le triomphe dela réaction européenne, il rejette dédaigneusement lacouronne impériale votée par le parlement de Francfort ,offerte par une députation allemande.

Il est donc clair comme le jour que lidée de régé-nérer la nation allemande par lélévation de la Prusse ,nest pas issue de la royauté; quelle est de plus nobleorigine. Toutes les fois que les événements ont suscitéun élan politique, elle a paru; toutes les fois que lepouvoir du trône a été affermi, elle a été refoulée.Quon se méfie tant quon voudra des dangers insé-parables dune suprématie confiée aux instincts des-Hohen-zollern; quon flétrisse les procédés violents et anti-libéraux qui leur ont en dernier lieu frayé le chemin; onne saurait, sans mauvaise foi ou sans ignorance, nier que