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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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lidée dont M. de Bismarck a entrepris la réalisation nesoit une idée large et populaire, et non une idée étroiteet dynastique.

Si nous insistons sur cette considération, cest quellene peut pas rester sans influence sur le jugement quenous aurons à porter au sujet de lhomme qui est de-venu la personnification triomphante de cette idée. Celuiqui se voua à la tâche de continuer et de mener à bonnefin lœuvre du grand Frédéric, du libre penseur, de len-nemi acharné de lAutriche , de continuer la traditionpatriotique de 1806, 1813 et 1848, ne pouvait plus êtrelhomme qui de 1847 à 1851 avait été le champion dunabsurde féodalisme, le détracteur des grands mouvementsnationaux. Bien des changements devaient sêtre accom-plis dans ses convictions; et ce sont ces changements,quoique cachés sous les dehors déplaisants particuliers aunaturel prussien et surtout au type junker, qui contri-buent singulièrement à expliquer ladhésion que le créa-teur du nouvel ordre de choses réussit à arracher à lopi-nion publique. Quoi quen disent les purs, les incorrup-tibles, cette opinion publique nest pas aussi folle quilleur plaît de le déclarer. Elle ne sest pas du toutéprise pour M. de Bismarck dun amour aveugle, passionnéet confiant. Elle ne voit en lui que ce quil est, unhomme possédant à un degré éminent la qualité si rare,dans lhistoire de lAllemagne surtout, de vouloir, depouvoir donner une grande impulsion à la chose publique.Ses défauts, elle les connaît; si elle était tentée de céderau désir de les ignorer, elle ne réussirait pas; lui-mêmea eu trop soin de les trahir, de les souligner, de lesrappeler à tout propos. 11 sest caractérisé un jour enfaisant cet aveu, peut-être trop absolu, mais fort inté-ressant en tout cas: Quil ne se sentait pas daptitudepour les affaires intérieures ; faisant entendre par que