III.
Lorsque M. de Bismarck entra au ministère, en 1862,on le prit généralement pour un casse-cou de la réaction.Après avoir passé par une jeunesse un peu orageuse, etsacrifié avec la fougue qui lui appartient aux plaisirs del’âge, et, dit-on, au goût antique de la race germaniquepour les libations prolongées, il setait lancé tête baisséedans l’arène de la lutte politique. Un écrivain impartial,ou plutôt suspect de bienveillance pour lui, s’exprimeainsi à son égard: „I1 est notoire que du temps de sonactivité politique, dépuis 1847 jusqu’en 1851, il était lemeneur du parti conservateur dans sa signification laplus absolue et la plus antipathique, le chef de l’extrêmedroite, le champion de tous les privilèges, intérêts et pré-tentions du parti féodal, le défenseur de la juridictionseigneuriale , des corporations de métiers, l’antagoniste leplus obstiné de la démocratie et du parlementarisme, leplus zélé apologiste de la solidarité à maintenir entre laroyauté et les immunités de l’aristocratie 1 )."
Dans un discours de 1850, il déclarait hautementque, selon lui, la mission de la Prusse consistait dans latâche de se subordonner à l’Autriche pour combattre à
*) A. Schmidt, l. c.