IV.
Le régime constitutionel n'a été jusqu’ici qu’un vainmot en Allemagne . Dans la pratique, jamais les gou-vernements ne se sont subordonnés à la volonté reconnuedes majorités. Le cas d’un ministère se retirant devantune défaite parlementaire s’est peut-être présenté une oudeux fois dans l’ensemble des Etats, grands ou petits, dela confédération, depuis quarante ans qu’ils possèdent deschambres représentatives. L’opinion des familles régnan-tes est absolument établie à cet égard. C’est, d’aprèselles, une monstruosité révoltante que de vouloirmettre à la place de la volonté souveraine du princeles décisions de gouvernés. A Berlin , notament, laroyauté a toujours déclaré que c’était une amère plai-santerie de prétendre qu’un souverain prussien se laisseraitimposer des ministres par les élus du peuple. Quelleétait la pensée du roi Guillaume quand, malgré cette con-viction absolue, il affirmait dans les discours solennels, —toujours très-vagues, il faut le dire, qu’il observeraitfidèlement la constitution? Quelle était, selon lui, cetteconstitution qui permettait de lever des impôts pendantquatre ans sans la sanction des chambres?
Depuis que le régime constitutionnel existait sur lepapier, les partis libéraux s’étaient toujours soutenus par