398
deux puissances, l’Autriche avait toujours pu compter surl’appui de la Prusse dans les questions extérieures, tandisque celle-ci avait ses allures libres pour les questions in-térieures, ainsi que cela s’était vu à l’occasion de lafondation du Zollverein ; — que depuis le rétablissementde la diète, la Prusse rencontrait, précisément dans lesEtats les plus voisins (la Hesse électorale et le Hanovre ),une résistance due aux incitations de la cour de Vienne ;(pie si cette cour, au risque de s’aliéner les sympathiesde la Prusse , laissait les choses aller de ce train, elle seberçait probablement de l’idée que, dans une guerredangereuse pour l’Autriche , les deux puissances devraientnéanmoins se retrouver au sein de la même alliance:mats que cette supposition reposait sur une grosse erreur ,qui n’apparaîtrait peut-être qu’au dernier moment, maisalors avec une clarté fatale ; que si l’on ne revenait àl’ancienne intimité, l’alliance de la Prusse avec un ad-versaire de l’Autriche ne serait pas du tout chose impos-sible dans un cas semblable a celui de la guerre d’Italie de 1859; que l’Autriche avait le choix ou de continuersa politique antiprussienne, basée sur une coalition avecles Etats moyens, ou de s’unir honnêtement à la Prusse .Après avoir touché encore à quelques questions du jour,M. de Bismarck pria l’ambassadeur d’Autriche de mettrele plus d’exactitude possible dans ce qu’il allait écrire decette conversation à M. de Rechberg, ajoutant que, d’aprèssa conviction, les bons rapports entre les deux cours nesauraient plus être rétablis qu’au moyen de la plus entièresincérité.
Peu de jours après, le 13 décembre, M. de Bismarckeut un second entretien avec le même diplomate. Enexaminant les paroles échangées à cette occasion, nousne pouvons nous empêcher de remarquer que déjà, aucommencement de 1863, l’Allemagne , bien que ne s’en