doutant nullement, était à deux doigts de la catastrophefinale, uniquement ajournée alors par la mort du roi deDanemarck et la guerre du Schleswig . M. de Bismarckalla trouver le comte Karoly et lui déclara que, d’aprèsles dépêches de son ministre à Francfort , les choses pre-naient une tournure très-sérieuse à la diète; qu’on étaitsur le point de vouloir imposer à la Prusse par la ma-iorité dans l’affaire dite „des Délégués", une décisioncontraire h la constitution fédérale-, que cela amèneraitune rupture de la fédération même, que le cas échéant,il rappellerait son représentant à la diète et qu’il ces-serait de reconnaître la légalité d’une assemblée, dont laPrusse se serait retirée; qu’alors on ne pourrait plussoumettre les garnisons prussiennes des forteresses fédé-rales aux injonctions de la diète, qu'il en naîtrait unconflit fort grave, et que la responsabilité des suites re-tomberait sur les gouvernements qui auraient compromisl’état paisible de la confédération par leurs procédésagressifs
C’est la formule identique dont la Prusse s’est servietrois ans plus tard pour préparer son casus ielli , et enprésence de cette analogie frappante, le doute n’est pluspermis sur l’intention, dès lors nettement arrêtée dansl’esprit du premier ministre, de pousser les choses à l’ex-trême. L’intervention seule de circonstances imprévuesle fit renoncer à son plan de campagne, mais ce ne futque pour mieux en poursuivre l’exécution à travers denouvelles combinaisons beaucoup plus artificieuses.
Le rapport du comte Karoly, adressé à M. de Rech-berg un mois après que M. de Bismarck eut lancé sa cir-culaire (18 février 1863), complète ce document en nousdonnant le point de vue autrichien dans cette questionde rivalité. M. Karoly trouve que les prétentions de laPrusse à une prépondérance dans les affaires intérieures