de l’Allemagne ne sont basées sur aucun droit sérieux ;qu’en voulant y arriver aux dépens de l’Autriche , elledemande à celle-ci le sacrifice d’une position qui lui ap-partient en vertu d’une tradition séculaire, en vertu destraités et de la grandeur de la dynastie. „Enfin“, ajoutele ministre, et le mot, devenu historique, date de cejour-là, „enfin il nous a textuellement posé l’alternativeou de nous retirer de l’Allemagne en transportant lecentre de notre monarchie à Ofen, ou de trouver la Prusse dans les rangs de nos adversaires, à l’occasion du premierconflit européen qui surviendrait." La dépêche se terminepar cette conclusion: „I1 nous appartient de dévoiler àtemps le prétexte dont la Prusse voudrait se servir pourarriver à ses fins."
Ce prétexte, il faut le dire, l’Autriche s’était .chargéede le fournir en prenant en main l’œuvre que les meneursdes petits Etats avaient élaborée sous le nom de Projetdes délégués, afin d’organiser une espèce de contre-guérilladiplomatique, destinée à faire diversion aux tendancesunionistes de M. de Bismarck. L’intention peu sérieusede ces prétendues réformes était si transparente que per-sonne ne fut pris au stratagème, excepté ceux quil’avaient inventé. Le tout se résumait dans la propo-sition de convoquer, à titre d’essai, une assemblée com-posée de délégués des chambres des différents Etats pourdélibérer sur quelques objets de législation civile, avecvoix consultative seulement. C’était donner beau jeu àM. de Bismarck, et il ne se fit pas faute d’aplatir sesadversaires en opposant à leur triste simulacre de con-stitution un programme autrement hardi. Dans un votemotivé du 28 Janvier 1863, son envoyé à la diète insistasur des réformes sérieuses, notamment sur la convocationd’un vrai parlement allemand. Dans ces conditions, ilassurait le concours de la Prusse. Mais si la majorité