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faisait mine de lui imposer des demi-mesures, il ceseraitde reconnaître l’autorité fédérale.
Ces menaces ébranlèrent la majorité. Les gouverne-ments allemands, toujours heureux de se laisser retom-ber dans la béatitude de l’inaction traditionelle, sacri-fièrent sans regret leurs velléités de réforme sur l’autelde la concorde. Comme d’habitude, le Hanovre et laHesse furent les premiers à donner le signal de la dé-bandade.
Mais l’Autriche ne se tint pas pour battue. Depuisqu’elle avait perdu la Lombardie et se voyait menacéeen Vénétie , elle s’était plus que jamais mis en tête queson salut dépendait de sa domination en Allemagne .Après avoir compris que le projet des délégués avaitsuccombé par son insuffisance, elle se promit d’étonnerl’Allemagne par quelque chose de grandiose et d’inouï.Si son esprit avait été à la hauteur de ses intentions,la monarchie autrichienne aurait pu saisir ce momentpour se donner le beau rôle. Car personne n’avait prisau sérieux les déclarations de M. de Bismarck. Les pro-testations parlementaires et nationales du ministre quimalmenait son pays avec un arbitraire sans précédent,étaient regardées comme une amère dérision. L’Autriche ,s’emparant courageusement de la tradition de 1849, con-voquant sans détour un parlement sur la base de la con-stitution donnée par le parlement de Francfort , enjoignantaux princes de s'effacer sous l’autorité de l’unité natio-nale, aurait au moins eu des chances de succès.
Au lieu d’agir ainsi, elle croyait que la dernière
comédie des délégués n’avait manqué son effet que fauted’une mise en scène suffisante. Augmenter les splendeursdu spectacle lui paraissait être tout ce que la situation
pouvait lui imposer. Elle crut que c’était un trait de
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