génie de réunir à Francfort un congrès de princes , danslequel tous les souverains allemands paraîtraient en per-sonne pour jouer le rôle de pères de la patrie, et que lepublic ne résisterait pas devant un si grand effet drama-tique. Elle eut pour ce programme non-seulementl’adhésion de tous les petits princes, toujours prêts àparader et à s’amuser, mais aussi le concours d’une classede politiques qui, grâce aux influences de l’Autriche même et à leur parenté d’esprit avec ses coryphées,étaient arrivés au poste de premiers ministres et à larenommée d’hommes d’Etat dans quelques gouvernementsprinciers.
Tout ce monde qui se croyait si habile et si forts’était donc concerté pour faire des journées d’août 1863un chef-d’œuvre de solennité et d’éblouissement. Cen’était à Francfort qu’entrées pompeuses, cortèges,harangues, uniformes, carrosses, majestés, altesses, ex-cellences, le tout arrangé de manière à évoquer le pluspossible les souvenirs des couronnements impériaux dutemps jadis. A l’honneur du public, il faut dire que lagalerie fut d’une impassibilité magnifique. En voyant tousces seigneurs escortés de leurs laquais dorés, le bourgeoisne voulut pas oublier leurs tristes antécédents, et malgréles antipathies que la Prusse s’était attirées personne nefut dupe de l’inanité des démonstrations organisées parses adversaires.
Quant au projet de réorganisation soumis au congrès,ce n’était autre chose que celui dès délégués repeint etredoré à neuf. L’embellisement principal consistait dansl’installation d’une présidence autrichienne , qui serait flan-quée de plusieurs directeurs choisis dans les autres sou-verains. Le roi de Prusse avait été invité le dernier àvenir à cette reunion, quatre jours apres les princes. M.de Bismarck répondit que des propositions de cette nature