avaient besoin d’être examinées de plus près, et qu’on ac-cepterait une réunion pour le mois d’octobre; que de cettefaçon, le roi aurait le temps de discuter les articles avecses ministres. Mais le congrès, passant outre, adoptad’un trait, après une délibération sommaire, tout le projetautrichien, et une note fut expédiée à la Prusse , la mettanten demeure d’y adhérer ou de se voir exclure de la nou-velle organisation. Le 15 septembre, la Prusse répliqua parun refus, dont les motifs étaient tirés de l’insuffisance deschangements projetés. Elle réitéra en même temps sesconditions principales : partage de la suprématie entre elleet l’Autriche sur le pied d’une entière égalité, et représen-tation nationale avec pouvoir législatif. Il lui fut répondupar des notes identiques de la part de l’Autriche et desautres Etats. Enfin, après une série de démonstrationsplus violentes les unes que les autres, les diplomates despuissances confédérées se réunirent à Nuremberg pour dé-libérer sur des mesures préventives à prendre contre laPrusse , qui avait parlé de casus belli.
En remettant sous les yeux du lecteur tous ces faitssignificatifs, nous devons nous étonner que l’opinionpublique ne se soit alors montrée ni plus attentive niplus alarmée. Cette indifférence en présence de menaces,dont maintenant nous pouvons apprécier le caractère degravité, s’explique par le scepticisme avec lequel le peupleallemand, depuis un demi-siècle, s’était accoutumé à re-garder tous les tiraillements entre ses deux grandespuissances. Chaque fois qu’une des deux avait demandéqu’on prît fait et cause pour elle contre l’autre, le publicavait haussé les épaules. „Les loups ne se mangent pasentre eux,“ avait-on coutume de dire. Malgré tous lesgros mots échangés, le pays pensait comme l’Autriche :qu’au moment décisif, la solidarité des tendances réaction-naires se chargerait de la réconciliation.
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