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3 (1895) Politische Schriften von 1848 bis 1868
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contre elle et lai courir sus, quand elle navait plus niamis, ni alliés, ni système, ni direction, ni consistance;ce serait évidemment avoir fait preuve de la plus hauteperfection dans cet art de duper, qui jadis passait pourle dernier mot de la diplomatie.

Mais il faut savoir résister à la tentation qui nouspousse à dramatiser trop volontiers les événements. Certesla réalité produit bien souvent des combinaisons plus in-génieuses quil nen est jamais sorti du cerveau dunpoëte, et cette fécondité de la vie même devrait nousrendre méfiants envers la tendance de notre imaginationqui aime à chercher, derrière toute coïncidence des événe-ments, la main humaine qui les a artificiellement pré-parés. Au seizième siècle, tout le monde eût été dac-cord pour soutenir que M. de Bismarck avait fait em-poisonner le roi de Danemark, parce quil sut tirer decette mort subite un si grand profit pour la réalisationfinale de ses projets. En examinant de près toutes lespéripéties de cet épisode, on arrive plutôt à la convictionque le ministre prussien ny a montré ni cette unité devues ni cette diabolique préméditation, que les amateursdu roman dans lhistoire ont voulu reconnaître dans len-chevêtrement des incidents. Le courant de laction diplo-matique lentraîna parfois dans des contradictions si fortesavec lui-même, quon pourrait laccuser davoir un peulégèrement compté sur les ressources de son talent dim-provisateur. Sa manière de profiter des incidents rappelleen certain moment le mot de ce romancier qui, pourcaractériser son procédé inventif, disait:Quand je laissefrapper un coup à la porte du cabinet de mon héros, jene sais pas encore moi-même qui va entrer."

En voyant souvrir cette succession des duchés, M.de Bismarck dut naturellement saisir avec empressementloccasion de faire dune pierre deux coups : provoquer un