projet d'adresse de la chambre prussienne , qui se pro-nonçait vivement contre le Danemark. H. de Bismarcklui répond:
„Je comprends vos objections contre l’adresse qui, néan-moins, à mon avis, nous rend service en exerçant une certainepression sur la marche des négociations diplomatiques. Il estpossible que je me trompe; car plus je travaille dans la politique)plus je perds confiance dans les calculs humains ... La situationest ainsi faite, qu’il me convient de lâcher, contre les Dano-philes de la conférence, tous les chiens qui ont envie d’aboyer(excusez ce style chasseur); le tapage de toute la meute réunieproduit cet effet sur les pays étrangers, qu’ils se font à l’idéede regarder comme impossible le rétablissement du régimedanois dans les duchés .... Je ne crains pas que l’adressepuisse nous créer des embarras. Je ne regarderais pas du toutcomme un malheur que notre notre nation lût tellement saisied’ambition prussienne, que le gouvernement, au lieu de stimuler)
se trouvât plutôt obligé de tempérer l’ardeur générale.
Enfin, pour caractériser la situation, je vous avouerai quel’annexion prussienne n’est pas le but suprême et nécessaire demes efforts, quoiqu’elle m’en représente le résultat le plusagréable. “
Et, en même temps qu’il formulait ainsi sa véritablepensée, il ne se contentait pas de la déguiser en discu-tant avec le Danemark un point de droit fort douteux,mais il s’amusait à jouer encore un trosième jeu avecl’Angleterre. A lord Woodhouse, envoyé de Londres pour faire un dernier essai de conciliation, il répondit.que jamais la Prusse ne pourrait s’entendre avec le Dane-mark, tant que celui-ci conserverait son régime démo-cratique; qu’un coup d’Etat à Copenhague était le seulmoyen d’éviter la guerre!
Toutes ces tergiversations ouvrirent enfin les yeuxà l’Autriche, qui commença dès ce moment à pencherdéfinitivement vers le prétendant. M. de Bismarck, deson côté, ne sentant pas encore la situation suffisamment