ce lien, à faire cause commune avec la Prusse , guidéepar un intérêt tout à fait contraire. Lorsque les deuxarmées se mirent en marche, le conflit en était venu àce point, que le royaume de Saxe, appelé à deux ans delà à se faire écraser aux côtés de l’Autriche à Sadowa,refusa le passage à l’armée impériale qui dut faire undétour à travers la Prusse . Pour que rien ne manquâtà la maladresse, un secrétaire d’Etat*) déclara formelle-ment dans la chambre des députés à Vienne , au nom deson gouvernement, que l’Autriche n’entendait mener cetteguerre que contre le mouvement soulevé en Allemagne ,puisque jamais elle ne pourrait reconnaître le principedes nationalités!
Après avoir supprimé ainsi de fait la diète et amenél’Autriche à en méconnaître l’autorité, M. de Bismarckétait bien forcé de se débarrasser du traité de Londres,qui, aussi bien que la jurisprudence fédérale, lui inter-disait l’annexion des duchés. En capitaine bien avisé, ils’était d’abord occupé uniquement de l’un de ses adver-saires, et celui-là à sa merci, il se retourna contre l'autre.A plusieurs reprises il avait reconnu la validité du sus-dit traité; ce qui ne l’empêcha pas, le moment venu, des’en affranchir. Le 15 mai 1864, il déclara qu’il ne seregardait plus comme lié envers le Danemark par le traitéde 1852, puisque cette puissance l’ayant enfreint elle-mêmene pouvait plus en revendiquer les avantages.
Le lendemain du jour où il avait fait cette mani-festation officielle il révélait, dans une lettre adressée àun ami (elle est datée du 16 mai 1864), que la questionde droit n’était qu’un prétexte pour arriver, de manièreon d’autre, à l’annexion des duchés. L’ami, appartenantau camp des conservateurs, s’était effrayé en lisant le
*) M. de Biegeleben.