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22 juillet, à un ultimatum prussien . Dès le 15, M. deBismarck avait dit à Karlsbad, au duc de Gramont, quela guerre était devenue inévitable entre l’Autriche et laPrusse ; qu’il désirait en venir aux mains le plus tôtpossible; que la mission de la Prusse était de prendreen main les destinées de PAllemagne. Cependant il nelui fut pas encore cette fois permis de dégainer. Lesdeux familles régnantes, malgré toute leur irritation,éprouvaient une répugnance extrême à tirer l’épée. Ellesaiment beaucoup le régime militaire, mais au fond, ellesne sont pas de nature belliqueuse; l’horreur de romprele lien de la sainte alliance, et un peu aussi l’horreur deverser le sang allemand, les remplissaient d’épouvante.Ces hésitations du dernier moment amenèrent une der-nière transaction. Le 14 août, la conférence de Gastein créa un intérim destiné à faire cesser l’état d’indivis.Provisoirement l’Autriche obtint la possession exclusivedu Holstein, la Prusse celle du Sclileswig, moins favo-rable parce que le Holstein sépare le Schleswig de toutescommunications directes avec l’Allemagne . Mais celuiqui avait accumulé toutes ces complications pour aboutirà une rupture, ne pouvait plus laisser échapper de sesmains une situation amenée avec tant de peine à ce pointde maturité. On avait laissé passer la guerre d'Italie et le congrès des princes sans faire un pas vers une so-lution définitive. Ne pas saisir cette troisième occasionc’eût été décourager la fortune. L’acquisition de deuxnouvelles provinces était sans doute faite pour plaire à laroyauté beaucoup plus que toute espèce de point de vuenational; et cette perspective, jointe aux succès rempor-tés par les troupes, dut permettre à M. de Bismarckd’enlever finalement la décision de celui qui, jusque-là,avait toujours reculé devant une mesure extrême.
Dès ce moment, le reste ne fut qu’une question de