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manœuvre. Non-seulement le cabinet prussien renouvelases exigences pour certaines conditions à imposer au fu-tur souverain des duchés, mais il fit aussi élaborer parses légistes un mémoire qui contesta les droits du préten-dant d’une manière absolue. Et afin de concentrer tousces moyens d’attaque, il renouvela la proposition de con-voquer un parlement allemand, en l’accompagnant d’unecirculaire diplomatique, qui adjurait l’Allemagne dans lestermes les plus pathétiques de se serrer autour du dra-peau de l’unité, sous peine de subir dans le cas con-traire le sort de la Pologne (24 mars 1866). L’effet surl’opinion publique fut nul. Par ses procédés contre leschambres prussiennes, M. de Bismarck avait perdu touteombre de crédit auprès des gens sérieux. S’il eût encorepu prétendre à être cru sur parole, il aurait dû renoncerà cette illusion lorsqu’il accusa l’Autriche de nourrircontre la Prusse des intentions belliqueuses, jurant sesgrands dieux que, quant à lui, aucune idée d’agressionn’était entrée dans son esprit. C’était trop demander àla crédulité même des plus naïfs. Il est vrai que l’Au-triche à cette époque s’était adressée à ses plus fidèlespartisans dans une circulaire confidentielle pour les in-viter à faire des armements (14 mars 1866), mais il estinutile d’ajouter que jamais précaution ne fut moinssuperflue. L’alliance entre la Prusse et l’Italie , dont lestraces remontent jusqu’en 1865, était avancée à tel pointque, trois semaines après la susdite circulaire prussienne ,le traité formel entre Victor-Emmanuel et le roi Guil-laume put être signé à Berlin (8 avril). L’Autriche de-puis longtemps gémissait au souvenir de l’immense fautequ’elle avait commise en se laissant séparer de ses an-ciens fidèles; elle avait fini par faire amende honorablepour être réintégrée au sein de la diète. Dès lecommencement de l’année 1865, M. de Schmerling,