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le ministre d’État, avait formellement avoué que,dans la question du Schleswig - fîolstein, la politiqueautrichienne s’était complètement fourvoyée. Substituantmaintenant le principe de l’autonomie du pays au systèmebrutal du droit de conquête, l’Autriche convoqua lesétats des duchés pour les consulter sur leurs vœux ;en même temps elle parut devant la diète enpécheresse repentie, mettant aux pieds de la compétencefédérale, si longtemgs méconnue, le droit de prononcer endernier lieu sur cette éternelle controverse. C’était le1 er juin 1866. De cette façon la lutte se trouva directe-ment engagée entre la diète et la Prusse. Sur la propo-sition de l’Autriche, la diète vota la mise sur pied detrois corps d’armée destinés à faire une démonstrationcontre les menaces de la Prusse ; et ce vote fournit à cettedernière le signal, attendu depuis des années, de déclarerle traité fédéral violé par la diète elle-même (14 juin).Entin était arrivé pour M. de Bismarck le moment décisifde vider par le fer et le feu la question de la suprématieen Allemagne. Une année auparavant, le 25 juillet 1865,il avait dit dans une entrevue à Salzbourg, à M. Von derPfordten, ministre de Bavière, que le duel inévitable entrela Prusse et l’Autriche ne pouvait plus tarder, mais quece serait fini vite : „Un seul choc, une bataille décisive, etla Prusse sera à même de dicter les conditions." Jamaisprogramme n’avait été plus formellement annoncé et nefut plus littéralement exécuté.